L’orangina : souvenir d’enfance

J’adore l’orangina. Pour une raison toute personnel et qui n’a rien a voir avec la boisson. Pour moi l’orangina c’est le symbole de la toute puissance de mon père, le plus fort de tous les papas ! Quand j’étais plus jeune il m’en fît une démonstration.
Nous prenions un verre au bord d’une piscine (un été j’imagine). Piscine, plus boisson sucré, plus soleil égale ?… Abeilles, guêpes et cobra bien sur ! Bon ok pour le dernier c’est peut être pas vrai, mais pour les autres c’était bien le cas. Bref y’avait des trucs qui font bizzzz et qui piquent un peu partout !
J’étais un peu flippé par ces insectes maléfiques piqueur de baboon sans défense. J’étais jamais à l’aise lorsqu’un spécimen me tournait autour en se demandant à quel endroit il allait me piquer.
J’essayais de boire mon Orangina tant bien que mal, mais c’était pas le top ! Le stress effroyable de la piqûre à venir ne me permettait pas d’apprécier ce moment privilégié d’une famille réuni autour d’un verre au soleil.
Voyant mon désarrois face aux individus ailés, mon père et sa toute puissance agirent. En moins d’une seconde à l’aide d’une banale bouteille d’organgina vide et d’un sucre, mon père fabriquât : le piège ultime pour monstre volant. Oui vous avez deviné, c’est bien de lui, mon père, que des Américain opportuniste s’inspirèrent pour créer le héros d’une série télévisé très connu. Oui m’sieur ‘dame, Mc Giver n’est ni plus ni moins qu’une pâle copie de mon père. Je sais moi aussi ça m’a fait un choque quand je l’ai découvert ! Très modestement mon père accepta ce plagia et resta dans l’anonymat. Encore une belle leçon d’humilité. M’enfin passons, là n’est pas le sujet ! Revenons à ce piège.
Revoyons cette scène au ralenti. Mon père introduisit le sucre au fond de la bouteille d’orangina (la vrai, celle en verre bien évasé). Ce sucre attira irrésistiblement les insectes. Une fois dans la bouteille les bêtes se régalaient du sucre. Ce n’est que plus tard, un peu ivre de leur beuverie de sucre, qu’elles comprirent la situation : impossible de sortir ! Et là croyez moi, elles aussi comprirent la toute puissance de mon père ! Après elles le regardaient avec crainte et respect, ne pouvant que constater leur infériorité !
Ce piège ultime construit à partir de rien me sauva tout simplement la vie ! Ce qui m’a le plus frappé, c’est la facilité déconcertante avec laquelle il a terrassé l’ennemie ! Depuis ce jour, j’ai toujours su que mon père était le plus fort de tous les papas. Hé, il m’a quand même sauvé la vie !
Après cela je pouvais déguster sereinement mon orangina. Je regardais d’un oeil pas peu fier la bouteille d’Orangina contenant les bêtes vaincu par mon père, ce grand héros des temps modernes !
Bisous mon papounet
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Bravo !!! Pour avoir déjà su restituer un souvenir d’enfance mais aussi et surtout pour l’usage si délicat du passé simple – le véritable temps des écrivains – qui ne fut pas pour moi un mince plaisir de lecture !
Désolé pour ce commentaire tardif, mais pour valider selon la bonne méthode, c’est pas évident. Ok ! Bon passons…
Mais mon cher fils : qu’il eût été bien préférable de lire attentivement la consigne de validation, je n’en disconviens pas. Néanmoins, eut-il fallu que je le susse ?
Au fond c’est peut-être ça le bonheur ? Selon le dernier titre de Michel Onfray, d’après une phrase de Spinoza : "Le plaisir d’exister"
« Il n’est de vrais souvenirs que ceux que l’on se plaît à raconter »
Et ce moment privilégié, il faut le garder, le cultiver et le transmettre.
Un peu comme nous le ferions avec : nos premières fois…
C’est un très beau souvenir
Merci, oui je ne sais pas pourquoi c’est un souvenir que j’ai toujours gardé en mémoire…
Il est encore assez vif dans ma mémoire.